ONJ Daniel Yvinec / John Hollenbeck – Shut Up And Dance (Bee Jazz – 2010)
Depuis 2008 l'Orchestre National de Jazz est sous la direction de Daniel Yvinec.
Après avoir sorti en 2009 Around Robert Wyatt, un projet qui comme son nom l'indique gravite autour
de la musique de Robert Wyatt, l'ONJ et Daniel Yvinec reviennent en 2010 et sortent cette fois-ci Shut Up and Dance.
Un nouveau projet pour lequel ils ont cette fois-ci collaboré avec le batteur/compositeur américain John Hollenbeck.
C'est en écoutant à la radio Around Robert Wyatt que John Hollenbeck se décide à contacter Daniel Yvinec.
A ce moment là, Daniel Yvinec est à la recherche d'un compositeur pour écrire des pièces dont les thèmes centraux seraient la dance et le rythme.
Très vite ils s'entendent pour travailler ensemble. John Hollenbeck vient en France pour rencontrer les musiciens de l'orchestre et découvrir leurs personnalités, avant de se mettre à composer pour eux.
John Hollenbeck a composé un morceau pour chaque musicien, qui a l'occasion de s'y exprimer au cours d'un solo.
Soit dix pièces en tout. Plus une pour l'orchestre et une pour Bob Brookmeyer, tromboniste et compositeur renommé, décédé en décembre 2011.
Les morceaux ont en général plusieurs mouvements et la façon dont ils évoluent m'a fait penser à la musique de Steve Reich. Les changements se font de façon très progressive, presque imperceptiblement.
Ici la surprise survient à chaque mouvement ! Cette une musique riche qui demande plusieurs écoutes pour en saisir toutes les subtilités.
Rien que du point de vue des sons, il y en a encore un paquet que je n'identifie pas vraiment. Les musiciens sont impressionnants. De ce point de vue là, l'ONJ m'épate toujours. Quel vivier de talents !
Ce double album est pour moi un vrai régal.
Pour le moment ma plus belle découverte de l'année !
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Cotton Belly’s – Cotton Belly’s (Cabane Prod 2009)
Cotton Belly's est un jeune groupe de blues de Seine-et-Marne.
Dès les premières mesures de Barbecue qui ouvre le disque, ce blues funky a su capter toute mon attention.
La plupart des morceaux sont vraiment funky (Barbecue, Cup Song...)
D'autres sont des blues plus classiques Ghost Baby Blues (très beau son de guitare slide), Stranger at Home (beau solo de guitare)...
Vous y entendrez aussi des influences gospel (Down by the Riverside), country (Cotton Jig) et j'en passe...
Les mélodies de l'album m'ont parfois rappelé certains morceaux de Ben Harper.
La voix de Yann "Willywood" Malek en est aussi parfois assez proche, bien que son timbre soit plus grave.
Ce dernier se révèle également être un harmoniciste doué, qui émaille tout le disque d'élégants solos.
Tout comme Jérôme "Skippy Benson" Perraut à la guitare éléctrique.
Un disque de blues très riche et vraiment convaincant pour un premier album.
Un conseil, laissez tourner le disque jusqu'au bout...
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Zara McFarlane – Until Tomorrow (Bronswood Recordings – 2011)
Édité sur Brownswood Recordings, le label de Gilles Peterson, Until Tomorrow est le premier album de la chanteuse anglaise Zara McFarlane.
Celle-ci avait sorti un EP en 2010 qui se nomme également Until Tomorrow, sur lequel se trouve
une version de On Green Dolphin Street que je serai curieux d'entendre.
Bien que cet album ne comporte que deux reprises (Feed The Spirit, reprise de The Children & The Warlock et Walking Sleep, reprise de Thoughts).
Tous les autres morceaux sont de sa composition et/ou de celle du pianiste Peter Edwards.
Le disque s'ouvre sur More than mine, superbe thème où Zara McFarlane passe du grave à l'aigue avec facilité et précision.
Ses autres compositions sont tout aussi séduisantes, et restent en tête dès la première écoute.
Le timbre de sa voix fait tout de suite penser au registre soul ou funk. Elle aurait vraiment la voix pour.
Pourtant Until Tomorrow est un disque de jazz. Très mélodique, léger et assez sobre en ce qui concerne la forme.
Le trio qui l'accompagne sur ce disque est composé de Peter Edwards au piano, de Nick Walsh à la contrebasse, et d'Andy Chapman à la batterie.
Camilla George et Binker Golding aux saxophones viennent ponctuellement relever la sauce de ces compositions assez sages.
L'accompagnement du trio est très retenu et place la chanteuse au premier plan.
Bien qu'il s'agisse d'un album, ce disque me rappel beaucoup le Live au New Morning de Dianne Reeves parut en 1997.
Certes le timbre des deux chanteuses n'est pas le même.
Zara McFarlane a une voix plus aigue, et son amplitude vocale est plus limitée que celle de Dianne Reeves, dont la voix est plus puissante et plus claire.
Cependant, en 1997, Dianne Reeves avait déjà 15 ans de carrière et de très nombreux albums derrière elle, alors que Zara McFarlane n'en est qu'à son premier album !
Until Tomorrow est une bonne surprise pour moi qui n'avait pas entendu son maxi, et qui n'aime pas tant de voix que ça en jazz. Une chanteuse que je vais surveiller.
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The Funk League – Funky as Usual (Favorite Recordings – 2011)
Avec Funky As Usual, The Funk League (aka Hugo & Suspect) ne réinvente pas la poudre et c'est tant mieux !
Si vous êtes amateurs de rap du type A tribe called Quest, Jurassic 5, US3,, vous devriez jubiler à l'écoute de ce disque.
Je ne vous l'apprendrez pas, vous savez sans doute que c'est dans les vieux pots qu'on fait la meilleure soupe.
Une mesure de jazz, une mesure de funk, une mesure de scratch et une mesure de rap. Si la recette n'est pas compliquée, encore faut-il bien sélectionner ses ingrédients.
En diggers avisés, Hugo et Suspect ne prennent pas cette étape à la légère. La sélection a débuté il y a quelques années. De leurs meilleurs vinyls ils ont extrait le nectar le plus funky : cuivres bien présents, beats carrés et solides, samples jazzy à souhait (bon petit solo de trompette sur On & On). Et comme si cela n'était pas suffisant, ils ont ensuite fait appel à d'excellents MC pour faire lever l'appareil : Sadat X (Brand Nubian), Gift Of Gab (Blackalicious), Andy C (Ugly Duckling), et j'en passe. Même Kylie Auldist (The Bamboos) vient mettre la main à la pâte en fin de cuisson.
Une petite vidéo qui présente l'album ; recommandé par DJ Format s'il vous plaît !
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Mostly Other People Do the Killing – Forty Fort (Hot Cup – 2009)
Mostly Other People Do the Killing existe depuis bientôt dix ans et je viens juste de les découvrir grâce à une amie, mieux vaut tard que jamais, merci HC !
MOPDtK s'est formé en 2003 à New York, à l'initiative de Moppa Elliott (contrebassiste, leader) et de Peter Evans (trompettiste).
Ils rencontrèrent peu après le saxophoniste Jon Irabagon puis le batteur Vincent Sperrazza, aujourd'hui remplaçé par Kevin Shea.
Dès leur deuxième album : Shamokin!!! (2007), la presse spécialisée américaine fait les éloges de MOPDtK.
Ils commencent à tourner aux USA.
L'année suivante le groupe est élu Rising Star dans la catégorie Jazz Group par le magazine Downbeat, sans parler des récompenses individuelles qu'ont remporté certains membres du groupe.
Depuis, MOPDtK vont de salles en festivals où ils portent chaque auditoire à ébullition.
Si vous résistez au choc et que votre tête n'explose pas, vous risquez néanmoins d'être ensorcelé.
Je n'ai pas encore eu la chance de les voir en concert, mais j'imagine que ça doit être une expérience exceptionnelle.
Rien qu'en disque je suis tombé sur le fessier. Quelle énergie et quelle créativité !
Ça m'a rappelé quand j'ai découvert Dave Douglas, Jim Black et toute la clique de chez Hat Hut.
Sauf qu'ici, leur musique est bien moins intellectuelle et bien plus festive, je dirais même jouissive.
Ça part dans tous les sens, c'est frénétique, créatif et drôle ; que demander de plus ?!
Comme ils le disent eux-mêmes : "We like to play all the jazz all the time all at once as fast as possible".
Ce qui résume parfaitement leur musique ^^
Écoutez Forty Fort sur Spotify
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The Aggrolites – Rugged Road (Young Cub Records – 2011) / Unleashed Live vol.1 (The Aggrolites – 2011)
2011 aura été une année riche pour The Aggrolites puisqu'ils ont sorti cette année là leur cinquième album studio : Rugged Road, ainsi qu'un live : Unleashed Live vol.1
The Aggrolites est un groupe d'early reggae, originaire de Los Angeles qui s'est formé en 2002.
Les cinq membres actuels du groupe sont : Jesse Wagner (chant, guitare ), Roger Rivas (orgue), Brian Dixon (guitare rythmique), Jeff Roffredo (basse), Alex McKenzie (batterie).
Ils qualifient leur musique de "dirty reggae" et se disent héritiers de musiciens comme Boris Gardiner, Lee Perry, Max Romeo, Junior Murvin...
Deux choses frappent d'emblée à l'écoute de leur musique : l'énergie et la spontanéité qui s'en dégage.
J'affectionne particulièrement le début des années 70, car à cette période, l'orgue était bien présent dans les groupes de reggae, et les influences du funk et de la soul y étaient aussi plus fortes.
The Aggrolites perpétuent avec passion cette musique positive et festive.
Un groupe qu'il doit être génial de voir en live !
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Richard Galliano – Piazzolla Forever 20th Anniversary (Dreyfus – 2012)
C'est le 4 juillet 1992 à Buenos Aires que s'est éteint Astor Piazzolla. Afin de rendre hommage à ce musicien et compositeur qui a énormément apporté au tango,
le label Dreyfus Jazz et Richard Galliano ont décidé de publier dans un coffret un CD et un DVD, comme un nouvel hommage à Astor Piazzolla.
Le disque en question est Piazzolla Forever, disque du Septet de Galliano paru initialement en 2003.
Le DVD contient quant à lui un concert donné en 2005 par ce même Septet au Théâtre des Bouffes du Nord.
Cette réédition est une excellente idée, car le disque et le dvd sont vraiment complémentaires.
Pour du tango il aurait été dommage de devoir se passer de danseurs ! En plus de ce concert plein d'émotions, Oléo films et Ginga Production nous proposent un documentaire
réalisé par Frank Cassenti, dans lequel on apprend beaucoup sur la relation entre Astor Piazzolla et Richard Galliano.
Les influences qu'ils ont eu l'un sur l'autre, sur leur vision de la musique et sur leur façon de travailler.
Les musiciens du Septet de Galliano sont également interviewés et nous donnent leur impressions sur cette musique et sur le fonctionnement de ce groupe.
Que ce soit sur Piazzolla Forever ou en concert, Richard Galliano et ses musiciens mettent tout leur coeur et leur virtuosité dans l'interprétation de ce répertoire passionné, qui ravira tous les amateurs de tango.
Pour prolonger cet hommage en 2012, Richard Galliano donne une nouvelle tournée de concerts sur ce même répertoire, en France et à l'étranger. Plus d'informations sur son site !
Diego Imbert Quartet – Next Move (SUCH Prod – 2011)
Ca fait des années que j'entends Diego Imbert accompagner avec talent de nombreux musiciens, Biréli Lagrène, Sylvain Beuf et bien d'autres. Ce disque me réjouit, car avec lui je découvre enfin ses talents de compositeur. (Certes, A l'ombre du saule pleureur, le premier disque de ce quartet est sorti en 2009, mais je ne l'ai pas encore écouté !).
Le quartet de Diego Imbert est composé de : Diego Imbert (contrebasse), David El-Malek (sax ténor), Alexandre Tassel (bugle), Frank Agulhon (batterie).
Les quatre suites qui ouvrent le disque m'ont instantanément conquis. Elles installent en quelques mesures un son qui gronde. Des mélodies graves et sombres qui m'évoquent à la fois le climat des Jazz Messengers et certains morceaux de Stéphane Huchard. David El-Malek et Alexandre Tassel ont un son très doux et presque mélancolique. Franck Agulhon m'a vraiment époustouflé sur cet album. Son jeu est à la fois fin et très claquant. Sur un morceau comme Shinjuku, il fait preuve d'une inspiration et d'un sens de la syncope assez impressionnant. Next Move est un très bon album pour découvrir le jeu de Diego Imbert. La contrebasse y est bien mise en valeur, par exemple avec Baggage Claim, qu'il joue seul.
Next Move confirme donc ce que j'espérais. Diego Imbert en plus d'être un excellent sideman, est un compositeur et leader talentueux. Je vais maintenant écouter A l'ombre du saule pleureur afin de rattrapper mon retard !
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Buddy Guy – Buddy And The Juniors (MCA – 2011)
Bien bonne surprise que cette réédition du disque de 1970 qui rassemble deux géants du blues : le guitariste Buddy Guy et le chanteur, harmoniciste Junior Wells. Ils sont tous deux accompagnés par le pianiste Junior Mance.
Ce disque est très calme, il a été enregistré en acoustique, sans fioritures, mais il bénéficie tout de même d'une bonne prise de son. On entend même par moments les musiciens et les gens présents dans le studio se parler tout en continuant à jouer ! Les morceaux semblent être largement improvisés.
Certains passages sont parfois hésitants, mais ce côté spontané est ausi ce qui permet à ce disque d'être tant chargé d'émotions.
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Ugly Duckling – Moving At The Breakneck Speed (Special Records – 2011)
Septième album pour les vilains petits canards californiens. Comme quoi ils ne sont pas si mal aimés !
Si on peut reprocher à Ugly Duckling de ne pas beaucoup se renouveler au fil de leurs albums, on ne peut en revanche que reconnaître leur savoir faire en matière de hip-hop "old-school".
Celui-ci prévilégie les influences jazz et funk pour leurs instrus, des flow assez classiques et non-agressifs, qui nous ramènent avec plaisir au début des années 90.
Un rap résolument positif, qui met la pêche ! A conseiller à ceux qui pensent que le hip-hop c'était mieux avant
Écoutez Moving At The Breakneck Speed sur Spotify
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